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Le gouvernement japonais a considéré l’évacuation de Tokyo

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28 février 2012

11 mars 2011, A la une, Actualité

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Dans les jours les plus sombres qui ont suivis le début de la catastrophe nucléaire en mars 2011 et alors que le gouvernement ne connaissait pas l’étendue de dommages sur les centrales de Fukushima, la possibilité d’ordonner l’évacuation de Tokyo a été considérée.

Un scénario catastrophe

C’est du moins ce que révèle ce lundi une enquête indépendante menée par une équipe de 300 personnes de la Rebuild Japan Initiative Foundation, affirmant que le premier ministre de l’époque, Naoto Kan, et son équipe ont commencés à prévoir les effets d’un scénario dramatique qui menacerait l’existance du Japon en tant que nation, dans les 3 jours après le début de la catastrophe.

Ce scénario a été imaginé alors que le gouvernement craignait que des milliers de barres de combustible nucléaire,  stockées dans un réacteur endommagé et sans protections, commenceraient à fondre et à dégager de la radioactivité après l’explosion hydrogène d’un bâtiment adjacent au réacteur.

Yukio Edano, le porte-parole du gouvernement, annonce alors qu’il craint une « réaction en chaîne diabolique » dans laquelle Fukushima Daiichi, Fukushima Daini ainsi que la centrale nucléaire de Tokai, seraient toutes hors de contrôle. Edano poursuit, « si cela arrive, il sera logique d’affirmer que nous perdrons également Tokyo. »

Ce n’est que cinq jours après le début de la crise qu’un hélicoptère a pu confirmer que les barres étaient en sécurité.

M. Funabashi, fondateur de la fondation, explique que « ce scénario catastrophe a été évité de justesse, même si les citoyens n’en savaient rien à l’époque. »

« Kan a sauvé le Japon »

Kan a été critiqué violemment sur sa manière de gérer la crise. La fondation lui reproche notamment le fait de ne pas avoir averti les citoyens des réels dangers qu’ils encourraient ainsi que de ne pas avoir pris en compte l’entièreté des dangers menaçant le pays.

Interviewé par Reuters, Kan explique qu’il était hanté par le spectre d’une crise nucléaire mettant tour à tour chaque réacteur hors de contrôle et provoquant l’évacuation forcée de Tokyo et de quelques 35 millions de personnes.

C’est ce qui l’a poussé à se rendre, furieux, au siège central de TEPCO le 15 mars, alors que ces derniers souhaitaient abandonner la centrale en retirant l’entièreté du personnel. Kan a alors forcé TEPCO à laisser son personnel sur place.

M. Funabashi conclu en disant que « Kan a eu de nombreux torts et a fait de nombreuses erreurs, mais sa décision de se rendre personnellement chez TEPCO pour les forcer à ne pas abandonner la centrale a sauvé le Japon. »

Source : New York Times

 

A propos de Marc

Passionné par la culture japonaise depuis son plus jeune âge, Marc Tunguz est le fondateur de Japan Addiction Network, un ensemble de sites destinés à promouvoir la culture japonaise dans les pays francophones.
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