30
04

Onmyouza – Kishi Bojin

cover

30 avril 2012

Musique, Reviews

Commentaire

Onmyouza, le célèbre groupe de heavy metal japonais, a sorti fin décembre 2011 un nouvel album intitulé Kishi Bojin. Puisqu’il fallait bien commencer quelque part pour remplir cette nouvelle section « review » musicale sur Japan Addiction, j’ai choisi cet album qui constitue une excellente surprise dans un paysage musical japonais qui a tendance à manquer de renouvellement depuis quelques années.

Un concept album pour un album différent et plus sombre

Kishi Bojin est un concept album avec pour thème la déesse Kishimojin. Kishimojin était une ogresse s’adonnant au cannibalisme pour nourrir ses très nombreux enfants. C’est après avoir rencontré le Bouddha qu’elle se repentit et protégea les enfants. Elle fut ainsi considérée comme la déesse protectrice des enfants, des accouchements sans complications et de l’harmonie générale de la famille.

Cet album est entièrement écrit par Matatabi, le bassiste du groupe et est, selon ses dires, plus sombre que les précédents albums. Onmyouza a souhaité proposer quelque chose de nouveau par rapport à leurs compositions antérieures. La sortie de l’album a été précédé par la sortie d’un livre expliquant le concept de l’album.

Alors est-ce vraiment l’album du changement pour le groupe ?

 

Piste par piste

Shuushuu (啾啾) : L’album s’ouvre sur une ambiance pesante, lourde, avec un titre instrumental qui débute par quelques notes de piano très vite accompagnées du reste des instruments pour amener l’auditeur vers la deuxième piste.

Samayoi (徨) : on entre dans le vif du sujet avec un riff typiquement heavy metal. Les voix de Matatabi et de Kuroneko (la chanteuse du groupe) se marient parfaitement et le refrain risque bien de vous rester en tête longtemps après avoir écouté l’album. Le solo de guitare est également de très bonne facture.

Ubugi (産衣) : sans transition, on enchaîne sur la chanson suivante avec un rythme lourd suivi d’un couplet aérien chanté par Kuroneko. Le solo de guitare est très réussi. Il s’agit principalement d’une chanson mettant en avant la chanteuse. Pas la meilleure de l’album.

Namasu (膾) : la chanson débute par les gémissements d’un homme visiblement en pleine souffrance. Le riff d’intro est puissant et rappelle certains riffs du dernier album de Symphony X, Iconoclast. Cette chanson est définitivement beaucoup plus sombre que le reste. Cri, growl et voix torturées viennent se mélanger à la ligne mélodique de Kuroneko et à ce riff qui est probablement un des meilleurs d’Onmyouza.

Oni Kosae No Uta (鬼拵ノ唄) : voilà une des meilleures pistes de l’album. Les fans le diront, les chansons avec pour thème les « oni » sont souvent d’excellentes chansons d’Onmyouza. Mélanger une chanson traditionnelle japonaise avec une guitare funky est probablement l’idée la plus surprenante de l’album… et ça marche ! Kuroneko chante ici de manière typiquement traditionnelle et est entrecoupée à chaque fin de couplet par un riff lourd de derrière les fagots ! Il s’agit de mon coup de coeur de l’album et certainement une de mes chansons préférées du groupe.

Gekkou (月光) : la première ballade de l’album, chantée uniquement par Kuroneko. Très jolie, au refrain mélancolique, elle reste cependant très classique.

Zakuro To Jubaku (柘榴と呪縛) : quelques notes à la guitare acoustique annoncent le début de la deuxième ballade de l’album. Plus rock que la précédente, elle n’en est pas moins classique pour autant. Agréable à l’écoute, elle reste rapidement en tête.

Kishi Bojin (鬼子母人) : lourde intro symphonique pour le début de la piste titre suivie par le riff le plus jouissif de l’album. Cette chanson deviendra certainement un des classiques de groupe grâce à son énergie. Empruntant à plusieurs genre à la fois, elle mélange couplets à l’ambiance inquiétante et lourde, breaks avec choeur guerrier et refrains mélodiques. Le passage instrumental du milieu est excellent, entre moments symphoniques et twins guitares inspirées.

http://www.youtube.com/watch?v=pknKPlgkCQ0

Urami No Hate (怨讐の果て) : basée sur un riff de guitare fédérateur, il s’agit d’une chanson de pur heavy metal. Certe prévisible, elle reste en tête et sera certainement très efficace en live.

Michi (径) : on repart dans des ambiances plus sombres qui débouchent sur un riff mélancolique surmonté par la voix de Matatabi qui en fait peut-être un peu trop au niveau du tragique. Le rythme s’accélère vers la moitié du morceau pour poursuivre dans le style typique d’Onmyouza. Les fans apprécieront certainement.

Kourui (紅涙) : une chanson plus calme mais à la composition et à l’arrangement agréable qui met en valeur la voix de Kuroneko. Le refrain est rempli d’émotion.

Kikoku (鬼哭) : la dernière piste de l’album commence comme la première mais change très vite pour un morceau au tempo rapide chanté par Kuroneko. Le solo de twin guitars n’aurait pas fait tache sur un album de X-Japan. La chanson se termine avec les mêmes notes de piano que la piste d’ouverture.

Conclusion

Kishi Bojin – Onmyouza

Genre : Heavy Metal

Kishi Bojin n’est peut-être pas aussi ambitieux qu’annoncé par Matatabi, mais il reste un excellent album d’Heavy Metal japonais. En mélangeant chansons mélodiques, riffs agressifs et solo de guitares efficaces, le groupe propose un de ses meilleurs albums.

Certes, il s’éloigne de ce qu’Onmyouza avait l’habitude de proposer, mais qu’est-ce que cela fait du bien ! On est loin des mélodies bateaux utilisés par de nombreux groupe de visual.

Composition : 8 / 10

Qualité des musiciens : 9 / 10

Production : 8 / 10

Appréciation générale : 8 / 10

Meilleurs morceaux : Namasu, Oni Kosae No Uta, Gekkou, Kishi Bojin

 

A propos de Marc

Passionné par la culture japonaise depuis son plus jeune âge, Marc Tunguz est le fondateur de Japan Addiction Network, un ensemble de sites destinés à promouvoir la culture japonaise dans les pays francophones.
blog comments powered by Disqus